À flancs de coteau du village bivouaquent des champs fournis de mimosas. À l’é­poque de la cueillette, il arrive que, loin de leur endroit, on fasse la rencontre ext­rêmement odorante d’une fille dont les bras se sont occupés durant la journée aux fragiles branches. Pareille à une lampe dont l’auréole de clarté serait de parfum, elle s’en va, le dos tourné au soleil couchant.

Il serait sacrilège de lui adresser la parole.

L’espadrille foulant l’herbe, cédez-lui le pas du chemin. Peut-être aurez-vous la chance de distinguer sur ses lèvres la chi­mère de l’humidité de la Nuit ?

René Char, « Congé au vent », in « Seuls demeurent », « Fureur et mystère » nrf Gallimard 2008.

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