« En montagne le plus court chemin va de cime en cime ; mais il faut avoir les jambes longues. Il faut que les maximes soient des sommets, et que ceux à qui tu les destines soient sveltes et élancés.

Un air léger et pur, le danger proche et l’esprit plein de joyeuse malice, voilà qui s’accorde à merveille. J’aime m’entourer de lutins malicieux, car je suis brave. Le courage chasse les fantômes, mais il se crée des lutins. Le courage aime à rire.

Je sens toute chose autrement que vous : ce nuage que j’aperçois au-dessous de moi, noir et lourd, et dont je me ris – c’est pour vous une nuée d’orage. Vous levez les yeux car vous aspirez à monter. Et moi j’abaisse mes regards, car je suis sur la cime. Qui de vous sait encore rire, même après avoir atteint la cime ?

Celui qui gravit les plus hautes montagnes se rit des jeux tragiques de la scène comme de la gravité tragique de la vie. Braves, insouciants, railleurs, impérieux, tels nous veut la sagesse ; elle est femme et ne saurait aimer qu’un guerrier. »

Friedrich Nietzsche, « Ainsi parlait Zarathoustra », « Lire et écrire ».

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